la grande vadrouille

le tour du monde de deden et dodie.

19 juin 2008

vidéo Togians


Togian
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video Togians 2


Togian 2
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10 juin 2008

En route pour les Togian

Le plus long voyage de l'année nous attend. En effet, il va nous falloir 3 jours pour rejoindre ces îles du bout du monde. Ça a commencé par 14 heures de bus. Normalement ce trajet se fait en 12 heures mais nos deux pannes ont un peu rallonge tout ça. Il est d'ailleurs vraiment impressionnant de voir comment ils se débrouillent dans n'importe quelle circonstance pour réparer et reprendre la route. La première panne concernait l'arbre de transmission, un peu de démontage, quelques coups de marteau et on était repartis. Après quelques heures, rebelotte, on s'arrête au bord de la route. Cette fois par contre rien aux alentours, nous avons le choix entre rester dans le bus où la chaleur s'accumule et s'asseoir au bord de la route en plein soleil dans les herbes qui se collent à nos vêtements, parmi les fourmis. Nous attendons 1H30, le temps de changer une courroie et de demander à tous les véhicules qui passent une clé pour serrer un boulon. Le voyage n'est pas des plus agréables, même si nous traversons des paysages fantastiques. Partout autour de nous, les gens vomissent à cause des nombreux virages, le bus est un vrai fumoir, l'odeur de kretek (cigarette indonésienne au clou de girofle) est omniprésente. Deden n'a pas de place pour ses jambes. Et  à la chaleur insupportable dès que le bus s'arrête, s'ajoute la musique à fond qui nous perce les tympans (vraiment, on n'exagère pas). Arrivés à Tentena vers 23H00, on nous lâche en pleine pampa. Heureusement, un groupe de jeunes sort à ce moment. On leur demande où se trouve l'hôtel le plus proche, ils nous annoncent 2 km. Ils nous proposent de nous emmener mais ils ont l'air un peu saouls. Ne voulant vraiment pas faire les 2 km dans le noir complets avec nos sacs. Nous montons avec eux. Elodie à l'intérieur avec le chauffeur est assez vite rassurée. Par contre Anthony derrière dans le pic up l'est un peu moins. A chacun, on nous demande notre religion. Il y a quelques tensions ici depuis qu'une bombe a tué 40 personnes sur le marché en 2002. Finalement, nous arrivons bien à destination et notre chauffeur refuse même le paquet de cigarettes que nous lui proposons pour le remercier.

Le lendemain sera beaucoup moins désagréable, deux fourgonnettes nous conduiront jusqu'à Ampana. Nous longeons la côte quelques heures et découvrons de nombreux villages de pêcheurs, des images de Thalassa nous reviennent. Encore un nouveau dépaysement, c'est si bon!!!

Notre dernière journée de transport se fera en bateau. Nous devons faire environ 4H00 pour arriver sur une des îles Togians. De là nous prendrons un petit bateau pour Kadidiri, notre paradis que l'on commence à attendre avec impatience. Nous arrivons un peu en retard dans le bateau (tout ça pour que Deden puisse aller voir les résultats d'un match de la coupe d'Europe). Du coup, plus aucune place pour s'installer sur les matelas. Un monsieur voyant notre embara, nous propose de nous installer dans sa cabine, nous acceptons tout de suite car la houle se fait déjà sentir dans nos estomacs. Même si les odeurs d'essence se mêlent aux mauvaises odeurs des lits, nous sommes bien contents de passer ces moments barbouillés allongés. Lorsque nous payons notre ticket, nous sommes contents de voir que le tarif est le même que si nous n'étions pas en cabine. Sauf qu'à la fin du trajet, nous devrons quand même régler ce petit luxe. Le cadre est vraiment beau, l'eau de la mer d'un bleu entre marine et turquoise que nous n'avions jamais vu avant, nous apercevons également des villages sur pilotis au bord des côtes.

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09 juin 2008

Vidéo Tana Toraja 2 ème partie


Tana Toraja 2
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Vidéo Tana Toraja 1 ère partie


Tana Toraja 1
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La culture Toraja

Difficile de tout expliquer, tellement il y a à dire. Le pays toraja doit sa célébrité à sa culture unique d'origine animiste,qui se manifeste entre autre par de spectaculaires cérémonies funéraires et aussi par l'architecture (navale) des maisons et greniers à riz. Leur tradition orale a été transmise de génération en génération, elle est fondée sur la religion, le culte des ancêtres, et le respect de ceux d'avant. Pour un habitant du Pays Toraja, la mort n'est pas séparée de la vie. Depuis sa jeunesse, il s'occupe de ses funérailles en travaillant pour accumuler buffles et riz. Grâce à ces richesses, il pourra prendre place dans l'au delà parmi les ancêtres de sa caste, en y disposant du troupeau sacrifié immédiatement après sa mort, si il appartient à une caste élevée, toute la proche famille se réuni dans le Tongkonan, la maison traditionnelle, pour décider d'un premier sacrifice qui permet au mort d'avoir des provisions pour son voyage au Puya ( le paradis toraja). On le lave, on l'embaume. Il fait à présent parti de la maison où il continue à vivre comme un malade parmis les vivants, jusqu'à ce que les funérailles puissent être organisées. Réunir toute la famille jusqu'aux membres les plus éloignés peu prendre des mois ou des années .Les funérailles Torajas coûtent de petites fortunes. Les rites sont précis, étalés sur plusieurs jours. La fête commence par le sacrifice d'un cochon, puis d'un buffle non attaché. C'est à ce moment que le mort, dont le cadavre à été placé dans une sorte de maison miniature, se détache de la vie et commence son voyage vers le Puya. Le lendemain commence le jeun, au cour duquel la famille doit s'abstenir de manger le moindre grain de riz (rassurez vous, elle a le droit de se gaver de viande de buffle et de tuak: vin de palme).Au cours de ces trois jours, les gens seront de plus en plus nombreux à se retrouver autour de la famille.

Quelques mois plus tard a lieu une deuxième fête où est érigé le tautau, une statue à l'effigie du défunt. Les ossements nettoyés sont transportés dans un catafalque en forme de maison jusqu'à la falaise familiale et déposés dans une cavité creusée dans le roc.


Nous avons vécu une multitudes d'expériences dans cette région.

La première fut le combat de coq. Alors que nous arpentions les chemins autour de Rantepao (notre base pour découvrir les environs), nous observons, parmi les jeunes qui jouent au foot, les maisons en forme de bateau et les femmes qui discutent, un attroupement d'hommes. Par curiosité et en devinant ce qui se préparait, nous nous approchons. Là, un homme parlant anglais, nous convie à regarder le combat. Les coqs sont en général bien préparés, vitamines, peut être même amphétamines accompagnent un entraînement à l'agressivité. Pour le combat, on leurs accroche des lames coupantes aux pieds. Le spectacle (vraiment pas des plus réjouissants) n'aura pas duré longtemps. En 20 secondes, un des coqs meurt. Ce n'est pas celui pour lequel notre interlocuteur à parié, il se retourne, les larmes aux yeux en nous disant qu'il avait parié 1 500 000 roupies sur le perdant. Ca fait environ 100 euros (3 mois de salaire pour une cuisinière). Samuel (qui sera notre guide pour la cérémonie) nous raconte que certains vont jusqu'à perdre leur maison. Il nous dit aussi que les hommes peuvent perdent trois choses en pariant au combat de coq: leur coq, leur argent ainsi que leur femme. On comprend pourquoi cette pratique est officiellement interdite.

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Cimetières Toraja

Nous faisons également une petite virée à pied pour relier trois villages: Lémo, Tilanga, Londa. Dans le premier village, à côté des habitations et des rizières, se trouve de grandes falaises dans lesquelles sont creusées des caveaux ainsi que des balcons occupés par les Tau Tau. Dans le deuxième, nous profitons d'une magnifique piscine naturelle et dans le troisième, nous visitons une grotte vraiment étonnante. En effet, elle sert de cimetière aux habitants, à l'intérieur, nous y voyons de vieux cercueils et même de nombreux crânes et ossements.

Cela peut vous paraître étonnant de nous imaginer allant fouiner dans les tombes, mais l'image qu'ont les gens d'ici des touristes est surprenante, ils nous voient comme des personnes très importantes, c'est un honneur pour eux que nous allions visiter leurs morts. On constate aussi que la disposition des crânes, cercueils et objets appartenant aux défunts sont particulièrement bien agencés. Peut-être que l'argent du tourisme peut permettre d'organiser des funérailles plus importantes. N'allez pas croire cependant qu'il y a beaucoup de tourisme dans cette région, ce n'est pas Bali, surtout depuis que toutes les compagnies aériennes conduisant à SulawesiSulawesie sont sur la liste noire. D'ailleurs, le nouveau guide du routard ne mentionne même plus l'île, nous sommes vraiment désolés pour toutes les remarquables personnes qui vivent ici du tourisme. Surtout que 75 % des touristes au pays Toraja sont français.

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On the motobike !

Pour notre troisième journée, nous louons une motobike. C'est vraiment un très bon moyen pour découvrir la région, cela nous évite les longues attentes de bémos et nous avons un sentiment de liberté qui nous rend carrément euphoriques. La région avec ses nombreux villages traditionnels, ses magnifiques rizières et ses charmants habitants est vraiment jolie.

Nous visitons une autre grotte et un lieu avec des arbres qui ont été creusés pour des ossements d'enfants. Nous retrouvons Nathalie, une française qui est à l'hôtel avec nous , ensemble, nous nous rendons sur un lieu pour observer un orchestre de bambou. Nous attendons quelques instants, le temps que les enfants reviennent de l'école. Le spectacle n'est pas d'une grande qualité mais nous apprécions de nous retrouver parmi ces enfants, on trouve ça rigolo. A la fin du spectacle, le gérant nous indique que nous sommes dans un orphelinat, ce que nous ignorions. Du coup nous faisons preuve d'une grande générosité. Nous partageons un petit moment avec les enfants, puis, le gérant nous invite à visiter l'orphelinat et à manger. Après ça, il nous propose également de venir remplacer les volontaires hollandais présents pour donner des cours d'anglais depuis 3 semaines qui partent le lendemain. Nous acceptons cette offre qui nous réjouit. En mangeant, nous remarquons que les deux hollandais très sympathiques avec nous, n'ont pas l'air grands copains avec le gérant. De retour à l'hôtel, nous apprendrons par Nathalie (restée plus longtemps à l'orphelinat avec les hollandais pour attendre un transport), que le gérant se garde l'argent des spectacles pour lui alors qu'il prétend que celui-ci est pour les enfants. L'orphelinat est entièrement subventionné par une fondation hollandaise. Sous les yeux des enfants, celui-ci fait vivre dans le luxe (relatif), toute sa famille.

Nous sommes écoeurés et ne voulons plus aller voir cette ordure, on pense qu'il nous a invité pour que nous donnions de l'argent pour nos nuits et nos repas et se la mettre dans la poche. Nous sommes vraiment désolés pour les enfants.

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Funérailles Toraja

Accompagnés de notre sympathique guide Samuel, né au pays Toraja, nous suivons une superbe route pour nous rendre à une cérémonie funéraire. Après une bonne heure de moto bike, nous commençons par une petite pause café chez le père de Samuel. Il faut dire que le café Torajien est délicieux, chose que nous avons rarement trouvé durant notre voyage car le bon est souvent réservé à l'exportation. Nous prenons ensuite le chemin de la cérémonie qui se situe juste à côté. Nous commençons par un bon repas en compagnie d'un groupe d'hommes très accueillants. Les échanges sont assez limités, même si l'indonésien est facile à apprendre, nous ne progressons vraiment pas vite, ce qui est souvent frustrant car peu de personnes parlent anglais. Des abris de bamboo, ouverts sur les côtés, sont installés pour recevoir environ 1000 personnes. Samuel est déçu car il pensait que les cadeaux des invités seraient offerts ce jour alors que ça doit se dérouler le lendemain. Cette coutume est en effet intéressante. Chaque invité fait la queue pour faire enregistrer ses cadeaux, une personne du gouvernement est là pour taxer les animaux et un cahier avec les noms et les cadeaux est réalisé. Pour la famille du défunt, ce cahier leur permet en quelque sorte d'avoir connaissance des dettes qu'ils ont envers les gens. Si ceux-ci viennent à mourir, ils devront faire un don équivalent.

Après le repas, nous assistons au premier sacrifice de buffle de la cérémonie. Après avoir attaché l'animal pour le faire tomber au sol, on l'égorge. La scène est d'une extrême violence pour nos yeux d'occidentaux qui avons toujours vu le boeuf en boucherie ou sous cellophane. Les cris de l'animal et les pleurs d'enfants n'arrangent rien. Anthony se sent tout à coup faiblir, Elodie a le ventre bien retourné aussi. Après cette première épreuve, nous devons en affronter une autre. Nous devons monter près du défunt pour donner nos cadeaux à sa femme. En temps normal, les choses sont moins douloureuses car les funérailles ont lieu plusieurs mois voir plusieurs années après le décès. Là, la personne n'est décédée qu'une semaine plus tôt, c'était un homme d'une quarantaine

d'années. Notre gène vis à vis de cette femme qu'on ne connaît pas disparaît assez vite, elle semble être reconnaissante de notre présence. Nous discutons quelques temps, par l'intermédiaire de Samuel. Vraiment étrange cette culture!!!

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Professeur Dodiededen !!!

Au retour, nous nous arrêtons voir un ami de Samuel qui est professeur d'anglais dans une ville pas du tout touristique. Ce dernier cherche à faire communiquer ses étudiants avec des touristes pour les motiver un peu et donner du sens à leurs apprentissages. Nous trouvions que cette initiative était bonne et nous avons tout de suite accepté cette proposition de Samuel. Nous nous retrouvons donc quelques heures avec un groupe d'une vingtaine d'adolescents. Nous abordons de nombreux sujets sur nos deux pays respectifs, ce fut un moment très agréable. A la fin de la séances, nous sommes conviés le surlendemain pour une autre intervention dans un collège de campagne publique très isolé, nous acceptons.

Nous avons en effet constaté par nous même l'isolement de cette école, le chemin pour s'y rendre est très périlleux, Anthony s'en sort tout de même plutôt bien avec la moto. De nombreux enfants marchent plusieurs kilomètres pour arriver à cette école. Notre venue est un grand moment de la vie de l'école, la directrice insiste beaucoup sur l'honneur qu'ils ont à nous recevoir. Elle nous précise aussi que notre venue va améliorer l'image de l'école qui ne jouit pas d'une très bonne réputation du fait de son isolement. Nous nous retrouvons donc face à une cinquantaine d'élèves et une petite dizaine de professeurs. Le milieu social n'est plus le même que celui que nous avons côtoyé pour les cours privés. Les jeunes sont très intimidés et n'osent pas trop poser de questions, certains se lancent tout de même. Nous essayons de détendre un peu l'ambiance, Anthony est ravi de cette expérience et s'applique beaucoup pour écrire au tableau. Les enseignants posent aussi des questions, après avoir demandé si certaines questions étaient indiscrètes, ils demandent immédiatement à Elodie combien elle gagne en tant qu'enseignante. Elle commence par faire la conversion en roupies du salaire de départ et puis assez vite celle de nombreuses dépenses de la vie courante bien gonflées (loyer, impôts, nourriture, essence...). En effet le salaire des enseignants en Indonésie est vraiment très très faible. Même si nous avons refusé les tabous, ce sujet nous dérange un peu. Nous voulons plutôt leur montrer que nous sommes comme eux, qu'ils n'ont pas à nous voir comme des personnes importantes, nous ne voulons pas qu'ils nous voient comme des millionnaires (1 000 000 Rp = 70 euros).

Après deux heures d'échanges, nous quittons l'école en recevant une tonne de sourires. Avantsourrires.Avant de rentrer, nous sommes invités à manger chez notre professeur, nous passerons un bon moment avec toute sa famille. Il veut nous inviter pour le week-end chez ses parents, dans le village où il a grandit. Nous refusons car il faut que nous quittions le pays Toraja.

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